P-38: de la déception à la résilience
Par François Winter, directeur général
*Ce texte a été d'abord diffusé sur la page Facebook de L'A-DROIT le 18 juin dernier. Nous l'avons légèrement adapté pour l'infolettre.
L'information a été publiée à la mi-juin : le projet de Loi 23 a été adopté le 12 juin dernier, à la dernière heure de la dernière journée de la dernière session de cette session parlementalre. Celui-ci vient modifier la P-38, en vigueur depuis 1998 qui permet à un établissement de santé d’hospitaliser une personne contre sa volonté en raison d’un état de dangerosité pour elle-même ou pour autrui. La Loi 23 vient changer la donne, nous vous la présenterons plus amplement dans de prochaines publications.
Tout comme la plupart des groupes de défense de droits en santé mentale et notre association provinciale l’AGIDD-SMQ, nous avons eu l’occasion de participer aux travaux, qui ont débuté il y a 3 ans. J’ai même eu l’honneur de participer à la représentation de notre mouvement lors de la commission parlementaire à ce sujet, le 2 juin dernier. Nous avons été dans les derniers invités de la commission parlementaire et notre audition était tard en soirée. Les derniers mois ont été un tourbillon d’évènements et d’actualités sur la P-38, il serait difficile de toutes les résumer :
- Dépôt de mémoires ;
- Accompagnement des personnes ayant vécu la P-38 à déposer des mémoires et commentaires ;
- Séances d’information et de mobilisation sur le PL23 ;
- Commission parlementaire ;
- Manifestation contre le Projet de Loi 23 ;
- Suivi des travaux parlementaires.
À titre de directeur de L’A-DROIT et porte-parole de notre mouvement, je peux vous dire que nous avons tout fait ici et à l’AGIDD-SMQ pour que cette Loi ne soit pas adoptée, nous avons tout donné! Toutefois, le gouvernement en place dispose de la majorité parlementaire et les opposants aux droits fondamentaux avaient des moyens disproportionnés, un sens de l’éthique et des façons d’opérer différentes des nôtres, cette lutte était difficile à gagner tant la pente était abrupte.
Voilà pour la déception, maintenant la résilience.
Dans les travaux ayant mené à l’adoption du PL23, nous avons émis des préoccupations et mis de l’avant des propositions concrètes pour améliorer notre système de santé mentale, basées sur le vécu et la perspective des personnes premières concernées. Celles-ci méritent toujours d’être considérées.
Puisqu’on ne peut pas en faire abstraction, cette Loi est maintenant adoptée. Nous devons prendre acte de la réalité même si celle-ci n’est pas celle que nous souhaitions. Ainsi donc, et je m’adresse à nos membres et à nos partenaires : Nous serons actifs et présents à toutes les tribunes pour nous assurer que cette Loi n’ait pas les impacts négatifs anticipés. Nous continuons donc notre travail avec cœur, dévouement et rigueur afin que les droits des personnes vivant avec un problème de santé mentale soient respectés, pour nous puissions vivre dans une société ou tous sont traités de façon respectueuse, digne et dans le respect des droits et libertés fondamentales. Nous tendons la main à tous ceux qui veulent réellement agir en ce sens puisque notre travail continue.