La voix des locataires de HLM

 

L'Infolettre de la Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) : La voix des locataires de HLM
Infolettre 364 - 28 mai 2026
  1. Congrès: il est encore temps de s'inscrire
  2. Rapport financier 2025-26
  3. La FLHLMQ sonne l'alarme avant les élections
  4. Les HLM comme solution à la crise
  5. Rénovations majeures attendues à Cowansville
  6. Les HLM comme ascenseur social

1. Congrès : il est temps de s'inscrire!
L'avenir des HLM, c'est l'heure des choix !

Le congrès de la FLHLMQ se déroulera le vendredi 12 juin, en virtuel et c'est GRATUIT !!!

Plus que 2 semaines avant que le congrès ne se tienne!

Votre association de locataires ou votre CCR peut s'inscrire en remplissant le formulaire : cliquez ICI

Cette inscription est importante pour que vous puissiez recevoir à temps, par la poste, vos bulletins de vote et les propositions à voter!



 




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2. États financiers 2025-2026 de la FLHLMQ
Prenez connaissance du rapport financier de la FLHLMQ au 31 mars 2026


Rapport financier de la FLHLMQ 2025-2026






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3. La FLHLMQ sonne l'alarme avant les élections
Le président de la FLHLMQ, Yves Dubé, était sur les ondes de Radio Canada Gatineau-Ottawa, vendredi 22 mai, pour témoigner de l'importance de s'occuper des HLM, des les rénover et d'en construire de nouveau.

Pour écouter son entrevue

Les membres de la FHLMQ seront justement réunis en Congrès, le 12 juin prochain pour se positionner sur l'avenir des HLM.

Les partis politiques sont invités, lors d'un panel animé par la FLHLMQ entre 11h et midi, à venir présenter aux congressistes leurs engagements pour l'avenir des HLM. Pour s'inscrire au Congrès : https://forms.gle/PnPSbri4e81Ypfuu5


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4. Les HLM comme solution à la crise
Au mois de mai, la FLHLMQ a tenu trois assemblées publiques à Montréal, Québec et Gatineau pour mettre de l'avant le besoin de revenir à une solution qui a déjà fait ses preuves : la construction massive de HLM.

Si le fédéral n'avait pas mis fin à son programme au début des années 90, on aurait 80 000 HLM de plus pour non seulement loger les 30 000 ménages sur les listes, les locataires pris à la gorge par des loyers trop chers mais aussi pour permettre la mobilité dans les HLM existants et faciliter les grandes opérations de travaux majeurs.

À quelques mois des élections provinciales, la Fédération demande aux formations politiques de s'engager pour une nouvelle générations de logements publics :

  • des logements à 25% des revenus;
  • des logements attribués en vertu du Règlement d'attribution;
  • une gouvernance publique mais ancrée dans la communauté et qui prévoit la participation des locataires à la gestion;
  • des milieux supportés par la vie associative et l'entraide.

Lors de ces assemblées, nous avons entendu les témoignages poignant de locataires qui ont souhaité prendre la parole pour convaincre les partis politiques de s'engager pour une nouvelle génération de HLM.  

À Montréal, Chantal Daneau nous a parlé de son HLM qui est son chez soi pour toujours, son fonds de pension, de la joie de s'impliquer avec les enfants de son habitation. À Québec, Marie-France Poirier nous a expliqué comment son HLM l'a sortie de 4 ans d'itinérance et comment la vie associative lui a permis de devenir la femme inspirée et inspirante qui peut maintenant prendre la parole en public. À Gatineau, Yves Dubé nous a généreusement partagé son parcours qui a touché toute l'assemblée et une journaliste qui résume ainsi ses mots :

"C’est un peu grâce à mon HLM que j’ai réussi à survivre», confie celui qui est aujourd’hui président du conseil d’administration de la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec. 

Originaire de Thurso, M. Dubé travaillait dans une entreprise de fournitures de bureau. Mais lorsque le commerce a fermé ses portes, il a «vécu l’enfer». «Je suis parti en super dépression. Ça a duré plusieurs années et j’ai perdu ma maison, on a fait faillite. J’allais atterrir dans la rue», a-t-il raconté jeudi, en conférence de presse. «J’étais au bord du gouffre. J’étais rendu au point où j’allais m’enlever la vie.»

Par chance, M. Dubé a appris deux semaines avant d’être évincé qu’il était accepté, avec ses deux adolescents, dans un HLM de Buckingham. Ces logements sociaux permettent aux ménages de ne pas accorder plus de 25 % de leurs revenus au paiement du loyer.

Au-delà du soulagement financier, il affirme avoir pu y reconstruire sa vie sociale en s’impliquant dans la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec."


L'article complet sur le site des coops de l'info : https://www.ledroit.com/actualites/actualites-locales/gatineau/2026/05/22/des-hlm-pour-survivre-a-lenfer-du-marche-immobilier-5O2FKB32KNGGPBUJBLQFDUH24U/


Crédit photo : Etienne Ranger / Le Droit

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5. Rénovations majeures attendues à Cowansville
Pendant que la crise de l’habitation sévit au Québec, plusieurs logements sociaux sont inaccessibles. C’est le cas à Cowansville.

« On ne peut pas accepter d’avoir un HLM barricadé, alors que l’itinérance a augmenté de 30 % en région », déplore Patricia Viannay, coordonnatrice de la Fédération des locataires de HLM du Québec.

À Cowansville, deux immeubles sont inhabités, l’un attendant d’être démoli, l’autre d’être rénové. Un bâtiment de cinq maisonnettes comprenant chacune cinq chambres à coucher est ainsi voué à la démolition, et ce, depuis plusieurs années. Selon l’Office d’habitation (OH) de Brome-Missisquoi, l’étape des plans et devis est prévue pour cet été. Ce dossier du 500 Terrasse Bellerive est sur le haut de la pile de l’Office.

Des vases communicants
Une fois la reconstruction du bâtiment terminée, cinq familles de locataires y seront relogées d’ici deux à trois ans, indique Catherine Carré, qui était directrice générale par intérim de l’OH de janvier au début du mois de mai. Elle l’avait dirigé également de 2019 à 2021. Ces familles sont celles occupant actuellement l’immeuble situé juste à côté, au 400 Terrasse Bellerive, qui sera démoli à son tour, puis rénové en totalité.

Ailleurs dans Brome-Missisquoi, des immeubles HLM situés à Bromont, Farnham et Bedford auront également droit à une cure de jeunesse. (voir à la fin de l’article)

Fatalisme et moisissures
Nous nous sommes rendus au Terrasse Bellerive, un matin froid de mai. Nous allons d’un appartement à un autre, au gré de nos rencontres. Le complexe comprend 12 bâtiments, de deux ou trois étages.

Au 400, nous discutons avec une jeune mère de dix (!) enfants, Becky, qui accepte de nous faire entrer chez elle. Quand La Voix de l’Est lui explique que son logement sera rénové dans les prochaines années, le fatalisme se lit sur son visage: « Ça fait des années qu’on nous le dit ! ». Préposée aux bénéficiaires, elle vit avec son amoureux et quelques-uns de ses enfants dans une maisonnette de quatre chambres. De la moisissure est présente à plusieurs endroits. Si elle peut être due à de la négligence du locataire, la famille doit cependant composer avec un logement vétuste. Un exemple constaté lors de notre courte visite: la grande fenêtre du salon est notamment impossible à ouvrir.

Relogés en attendant
Un peu plus loin, nous rencontrons Georges Tringle, qui revient d’une balade à vélo. Il habite un logement au 220, où les planchers et les comptoirs ont été refaits récemment. Ça, c’est en attendant que son ancien logement qui se trouve au 200 Terrasse Bellerive soit remis à neuf, comme les sept autres unités dans ce bâtiment. Autant d’appartements qui ne sont pas disponibles actuellement. M. Tringle, un ancien boucher industriel, semble prendre la situation avec philosophie. Comme lui, la quasi-totalité des locataires ont été relogés en attendant que les travaux soient terminés.

Les immeubles 220, 240 et 250 feront quant à eux l’objet de rénovations futures, présentement en cours d’analyse avec le centre de services de la Société d’habitation du Québec (SHQ).

Des inspections aux cinq ans
Chaque logement HLM est inspecté tous les cinq ans. Si le comptoir et les portes de cuisine du studio où nous nous trouvons ont été refaits l’année dernière, la porte patio date d’au moins 23 ans, la locataire actuelle pouvant en témoigner.

Des 99 offices d’habitation répartis à travers le Québec, celui de Brome-Missisquoi affiche des ratios de vétusté parmi les pires calculés par la SHQ, au 1er janvier 2026. Les 375 logements considérés « en mauvais état » (cotes D ou E) correspondent à 75 % du parc immobilier géré par l’OH, qui compte 497 unités au total.

En comparaison, 74 % du parc HLM est en bon état au Québec, nous indique la SHQ par courriel.

« On traîne ces antécédents de vétusté depuis longtemps », rappelle Mme Carré. Pendant plusieurs décennies, « on avait peu de sommes [du gouvernement] à dépenser pour maintenir les immeubles en santé ».

Des changements en cours à coup de millions
« Plusieurs grands ensembles immobiliers ont été négligés par les anciens propriétaires pendant des années [avant d’être repris par les offices d’habitation, créés à la fin des années 1960 début 1970] », rappelle Patricia Viannay, de la Fédération des locataires des HLM du Québec. Heureusement, la tendance devrait s’inverser à partir de cette année, et ce, jusqu’en 2031.

« Pour les 200, 210 et 230 Terrasse Bellerive, quatre millions vont être investis et les travaux vont commencer sous peu », assure Mme Carré.

Pour certains, il s’agira de l’enveloppe extérieure et des fenêtres, pour d’autres, il sera question de l’intérieur des logements: cuisines, salles de bain, plomberie, électricité.

Ailleurs à Cowansville, trois bâtiments situés Place Caroline seront bientôt refaits, le quatrième ayant déjà été rénové.

De l’argent frais
Le nouveau Programme de rénovation des habitations à loyer modique, lancé en mai 2023, s’accompagne de plusieurs centaines de millions de dollars jusqu’en 2028. L’objectif de la SHQ? Qu’au moins 80 % du parc immobilier HLM soit en bon état au Québec à la fin du programme.

« Dans les projets à venir, on pourrait [investir] jusqu’à 40 millions. C’est énormément d’investissements.» —  Catherine Carré, ex-DG par interim de l'OH de Brome-Missisquoi

De ce montant prévu pour Brome-Missisquoi, 17 millions seraient en attente d’approbation auprès de la SHQ ou des villes partenaires, chaque municipalité devant contribuer à 10 % du budget des travaux, précise Mme Carré. Les sommes nécessaires pour ramener les immeubles en bon état — cote de vétusté A, B ou C — sont actuellement évaluées à 23,2 millions pour l’OH de Brome-Missisquoi. Le défi semble à portée de main.

«On ne devrait jamais se rendre là»
Le gouvernement et les offices d’habitation sont très actifs pour améliorer l’état de leur parc immobilier, constate la Fédération des locataires de logements HLM. Ces investissements sont les bienvenus, mais ils auraient dû arriver plus tôt, selon la coordonnatrice de la Fédération, Patricia Viannay: : « Quand l’immeuble devient irrécupérable et que l’intervention nécessite de reloger les locataires, c’est trop tard. On ne devrait jamais se rendre là. » —  Patricia Viannay, de la Fédération des locataires de logements HLM

Avec la crise actuelle, « on ne peut pas se permettre de perdre un seul logement social », souligne-t-elle.

Mme Viannay se félicite tout de même d’une prise de conscience collective: « On a réussi à mettre la crise du logement à l’agenda. »

DES INVESTISSEMENTS À BROMONT, BEDFORD ET FARNHAM
« Pratiquement tous les immeubles ont plus de 50 ans », rappelle Catherine Carré, DG de l’office d’habitation de Brome-Missisquoi par intérim entre janvier et mai 2026.

Sur les 24 bâtiments catégorisés « E », la moitié feront l’objet de travaux majeurs ces prochaines années.

En plus de Cowansville, des travaux sont aussi planifiés à Bromont, au 15, rue de Windsor, un complexe de plusieurs bâtiments incluant des appartements en rangée (ou maisonnettes).

« Aucun déménagement ou déplacement de locataires n’est prévu [à cet endroit] », tient à préciser Mme Carré.

D’autres travaux de rénovation sont également en cours et à venir dans le parc HLM à Bedford et Farnham, nous précise l’OH par courriel :
  • Bedford, 31 rue Campbell (ventilation, 2026)
  • Bedford, 300-400-500 rue de l’Habitat (rénovation extérieure et isolation, entre autres, à venir)
  • Farnham, 410 rue Lague (espaces communs et ventilation en 2026)
  • Farnham, 380, 391, et 400-401 rue de l’Expo (84 logements au total) seront en partie rénovés dans les prochaines années. 
  • En 2025, la toiture (401) et le revêtement extérieur ont notamment été refaits au 391, 400 et 350 rue Dempster.


Crédit photo : Stéphane Champagne - La voix de l'Est

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6. Les HLM comme ascenseur social
Au même moment où le président de la Fédération, Yves Dubé, partage son expérience de vie pour montrer à quel point nous avons besoin de nouveaux HLM, d'autres témoignages confirment le rôle majeur des HLM comme ascenseur social.

Dans un article du journal La Voix de l'Est, le journaliste Jérôme Savary partage l'histoire de Thomas Tringle, entrepreneur qui a grandi en HLM.

" Thomas Tringle bat en brèche les préjugés entourant les logements HLM. « On a eu une belle enfance ici: on jouait dehors, il n’y avait pas d’autos, c’était sécuritaire. » 

Nous rencontrons M. Tringle par hasard, alors que nous arpentons le complexe Terrasse Bellerive, à Cowansville, au mois de mai. L’homme de 34 ans est venu porter des médicaments à sa sœur, qui habite encore là. Son oncle y vit également. 

Terrasse Bellerive, il le connaît comme le fond de sa poche. Il a vécu dans plusieurs logements de cet ensemble, et déménagé dans plusieurs de ses bâtiments. Au fur et à mesure que les enfants grandissaient et quittaient le domicile, la famille occupait alors un logement plus petit, adapté au nombre décroissant des membres du clan Tringle.

Une communauté d’enfants
« Quand j’étais jeune, il y avait une communauté d’enfants ici, on n’était pas les seuls », raconte M. Tringle, affable. C’est encore le cas, si l’on en juge par les petits vélos amassés près des « maisonnettes » pour familles du 400 Terrasse Bellerive. À Terrasse Bellerive, les enfants profitent de grands espaces extérieurs pour jouer. Le complexe HLM jouit également d’un site remarquable, aux abords de la rivière Yamaska Sud-Est et entouré d’arbres.

« Vivre là, enfant, c’était malade! » se souvient Thomas Tringle.

Des histoires de réussite
Thomas Tringle est gérant du restaurant Le Tire-Bouchon, l’établissement associé au vignoble de l’Orpailleur, à Dunham. Et ce, depuis plusieurs années.

« Souvent, on se fait voir négativement par certaines personnes, [car on a grandi dans un quartier un HLM]. » —  Thomas Tringle
Sa mère était très présente pour la fratrie de trois enfants: « Elle m’a inspiré ».

S’il souligne l’influence maternelle positive, le trentenaire est reconnaissant envers ces années passées à Terrasse Bellerive. Des histoires de réussite de ce quartier HLM, Thomas Tringle en connaît plein: « Le quartier, ici, ça l’a aidé beaucoup de monde. »

Et l’homme de renchérir: « J’ai des grands chums qui ont grandi ici et qui ont réussi à bien se placer au niveau professionnel, plusieurs sont devenus entrepreneurs. »


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