La voix des locataires de HLM (9 avril 2026)

 

L'Infolettre de la Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) : La voix des locataires de HLM
Infolettre 357 - 9 avril 2026
  1. Votre office demandera t-il des thermopompes ?
  2. La FLHLMQ demande beaucoup plus qu'un guichet unique
  3. Un loyer de 1875$ pour un revenu de 25000$
  4. Les regroupements par absorption deviennent possibles
  5. Départ à la retraite de Robert Pilon

1. Votre office demandera t-il des thermopompes ?
Suite à l'annonce d'un projet pilote pour l'installation de 3 100 thermopompes dans des HLM d'ici 2029, la SHQ vient de publier un guide à l'intention des offices d'habitation sur les conditions à respecter pour soumettre une demande.

Comme locataire au CA de votre office, comme association de locataires ou comme CCR, vous avec tout intérêt à prendre connaissance de ce guide afin de voir si votre OH à des immeubles qui seraient admissibles à ce projet de climatisation. Et, si oui, si votre office compte déposer un dossier de qualité afin de faire partie des 3 100 ménages qui seront retenus dans le cadre de ce projet pilote.

Pour lire le guide pour la participation au projet pilote :

https://www.habitation.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/documents/partenaires/cs/projet-pilote-thermopompes-HQ.pdf
 

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2. La FLHLMQ demande beaucoup plus qu'un guichet unique
Lors de son passage en Commission parlementaire sur le PL20, le 31 mars, le président de la FLHLMQ, Yves Dubé a été clair : « Si la ministre veut vraiment loger les ménages les plus pauvres, elle devrait obliger les offices d’habitation à louer leurs 24 000 logements abordables aux 30 000 ménages en attente d’un HLM en leur accordant 100% de suppléments au loyer pour qu’ils et elles paient 25% de leur revenu en loyer comme dans les HLM ».

La coordonnatrice de notre fédération, Patricia Viannay, a expliqué que la FLHLMQ supportait la mise en place d’un guichet unique pour le Québec, comme porte d’entrée pour formuler une demande de logement, mais que le gouvernement devait aller beaucoup plus loin en adoptant les mesures suivantes :

  • Un guichet unique pour s’inscrire partout à travers le Québec mais aussi la mise en place de concertations régionales (OH, coop et OBNL) afin de s'assurer que les bons logements iront aux bonnes personnes et planifier les réalisations futures en fonction des besoins exprimés par les locataires.
  • L’obligation pour les OH de louer tous leurs logements abordables aux demandeurs de HLM grâce à l’octroi de PSL pour éviter que seulement 26% des logements subventionnés soient alloués aux ménages à faible revenu.
  • La mise en place d’un programme de financement pour réaliser 5 000 nouveaux HLM par année, notamment par la densification des sites actuels.

Soyons francs, la FLHLMQ fonde peu d’espoir dans les actions du gouvernement actuel en fin de mandat mais espère que ces propositions éclaireront un peu les engagements que prendront les partis politiques à la veille des prochaines élections.

Pour lire notre mémoire



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3. Un loyer de 1875$ pour un revenu de 25000$
Dans le journal le Devoir de mercredi matin, la journaliste Isabelle Porter décrit les difficultés à joindre les deux bouts pour les locataires des logements abordables gérés par les OH. 

Les offices gèrent 24 000 logements abordables et comme les loyers doivent couvrir les dépenses, les hausses ont parfois été salées dans les dernières années. La FLHLMQ a animé un comité pour documenter la situation et trouver des solutions. C'est intéressant que cet article soit publié au lendemain de notre passage en commission parlementaire. Nous demandions justement que les OH puissent bénéficier de 100% de PSL dans tous les logements qu'ils administrent afin que les loyers soient à 25% des revenus et que les logements soient attribués en vertu du Règlement d'attribution des logements à loyer modique.

Nous reproduisons ici l'article du Devoir avec les témoignages de locataires du CCR en harmonie de Montréal 
Monique Jubinville consacre 90 % de ses modestes revenus à un logement dans un complexe d’appartements pour aînés dit « abordable », financé par l’État et géré par l’Office municipal d’habitation de Montréal.

Aux Résidences Enharmonie, la femme de 82 ans paie chaque mois 1875 $ pour son trois et demie, ce qui comprend l’électricité, le téléphone et certains services (un dîner par jour la semaine ; un déjeuner la fin de semaine). Son revenu annuel s’élève à 25 000 $ en incluant la pension fédérale, la rente du Québec, le crédit de maintien à domicile et le crédit de solidarité.

Si elle s’en sort, c’est parce que sa fille a accepté de payer ses autres dépenses. « Je suis quand même privilégiée d’avoir ma fille. Elle est très généreuse, mais elle aussi a des dépenses. Ce serait agréable d’avoir une subvention pour mon loyer. »

Les Résidences Enharmonie comptent au total 1452 résidents répartis dans 11 bâtiments sur l’île de Montréal. Les premières bâtisses ont été construites dans la foulée de la crise du logement du début des années 2000. La Ville, alors dirigée par le maire Gérald Tremblay, avait lancé l’opération « Solidarité 5000 logements », qui avait été financée par Québec, Ottawa et la Ville.

Ces appartements font partie de l’offre de logements dits « abordables » de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) et sont réservés majoritairement à des aînés à revenu modeste. Les trois quarts des places sont réservées à des personnes ayant un revenu annuel de moins de 44 000 $. 

Si les frais sont si élevés, c’est parce que les résidences doivent « s’autofinancer », explique la directrice des communications de l’OMHM, Valérie Rhême. Le coût s’explique aussi par la portion « services » du loyer, qui s’élève à environ 349 $ dans le cas de Mme Jubinville.

« Ces services [par exemple : repas, télévision, sécurité] font augmenter le loyer global comparativement à nos logements abordables sans services, destinés aux familles », indique Valérie Rhême.

Pire depuis quelques années
Or, ces dernières années, la pression sur les locataires s’est accrue. L’an dernier, le loyer de Mme Jubinville a augmenté de 100 $ par mois. Depuis 2022, les hausses de loyer oscillent entre 4 et 6 % par année, déplore la secrétaire du Conseil consultatif des résidents, Francine Cayer, d’une autre Résidence Enharmonie.

Avec des pensions de vieillesse qui augmentent de 2 % par année, les locataires ont de plus en plus de difficulté à boucler leurs fins de mois, souligne-t-elle. « J’ai vu des personnes qui ont dû déménager parce qu’elles ne pouvaient plus payer les augmentations du loyer. Il y en a qui vivent dans le sous-sol de leur fille ou de leur garçon. Mais si elles n’ont pas d’enfant, si elles sont seules, elles s’en vont où ? Dans la rue ? »

En décembre, les conseils de résidents de plusieurs résidences ont réalisé des sondages pour mesurer la détresse financière des locataires. Dans la résidence de Mme Jubinville, les résultats étaient inquiétants. Sur les 193 résidents, 101 ont répondu, explique-t-elle. « Il y en a 89 qui ont répondu que c’était impossible d’arriver. Il faut qu’ils fassent des miracles. » Certains ont dit qu’ils devaient couper dans les loisirs ; d’autres, dans les vêtements, les médicaments ou la nourriture. Il s’en trouve aussi qui ont dit qu’ils devaient couper partout. « Ils n’ont pas tous une fille, comme moi, qui compense financièrement. »

Des suppléments au loyer (PSL) en nombre limité
Comment se fait-il que l’OMHM n’ait pas planifié ses budgets dans le temps afin d’éviter de fragiliser les locataires ? « Nous l’avons fait », a répondu Mme Rhême par écrit. « Il faut savoir que la certification obligatoire des RPA entraîne diverses obligations et des coûts associés. Aussi, comme dans tous les secteurs, les coûts des biens et services ont explosé. »

En guise de solution, l’OMHM a commencé à offrir des aides financières qui permettent de limiter à 25 % la part du revenu des locataires consacrée au loyer, comme c’est le cas dans les HLM (habitations à loyer modique). Dans le jargon de l’habitation, on appelle cela des PSL (pour « programme de supplément au loyer »). Avec un PSL, une personne qui a un revenu de 20 000 $ paie un loyer maximum de 416 $ par mois. Par contre, le PSL ne couvre pas la partie du loyer consacrée aux services (électricité, télévision, téléphone et un repas par jour). Dans le cas de Mme Jubinville, c’est 349 $ de plus chaque mois.

Un modèle critiqué
Pour réduire les coûts, l’OMHM a notamment proposé aux locataires de revoir la formule des repas. « Nous avons évalué divers scénarios avec nos locataires dans le passé pour réduire le coût des services : au lieu du service aux tables, offrir un service de type cafétéria ; au lieu de deux options de menu, en avoir une seule, etc. Ces scénarios ont été rejetés par les locataires. »

L’OMHM a aussi proposé de fermer la cuisine certains jours fériés. Mais cela génère d’autres problèmes, avance Mme Cayer. « Les coupes dans les services n’ont pas résolu le problème. L’administration a travaillé avec les symptômes et non avec le problème. L’approche d’autofinancement par les locataires pour 10 petites résidences à maintenir les actifs, ça ne peut pas être la solution. Ça requiert des subventions pour maintenir les actifs, tout comme avec les HLM. »

La coordonnatrice de la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec, Patricia Viannay, est d’ailleurs venue en aide au Conseil des résidents. Selon elle, leur situation montre que ce qu’on appelle le « logement abordable » « ne remplit pas ses promesses ». « On pensait que, vu qu’il n’y avait pas d’objectif de profits, on pourrait maintenir des loyers bas. Mais on se rend compte que les coûts d’exploitation augmentent plus vite que les revenus des locataires. »

Il faudrait, dit-elle, qu’on puisse offrir des suppléments au loyer (PSL) « pour tous les locataires qui y ont droit ». Au Québec, au moins 2735 ménages résidant dans des logements abordables consacrent plus de 30 % de leur revenu à leur loyer, selon des données de la vérificatrice générale du Québec.



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4. Les regroupements par absorption deviennent possible
Lors de l’adoption du Projet de loi ° 7, le 1er avril 2026, la présidente du Conseil du trésor, France Élaine Duranceau, a repris à son compte une des suggestions que nous lui avions formulé dans notre mémoire pour faciliter le regroupement volontaire des petits offices.

Précisons tout d’abord que, depuis une dizaine d’années, il n’était pas légalement possible pour un petit office de simplement intégrer un autre office de plus grande taille. Dans tous les cas de fusions, il était obligatoire de dissoudre tous les offices existants pour en recréer un nouveau. Comme le Québec est passé de 560 à 100 OH, de nombreux offices ont donc dû traverser un long processus administratif, souvent de plus d’un an, comme s’ils repartaient à zéro.

L’article 353 du projet de loi ° 7 proposait de simplifier le processus des fusions en permettant qu’un office qui administre au moins 300 logements puisse absorber un office qui administre au plus 35 % de ce nombre de logements.

Dans notre mémoire, nous avions appuyé cette simplification des fusions mais nous considérions que la règle du 35% était inutilement limitative et ne permettrait pas d’atteindre pleinement l’objectif visé en termes de regroupement. D’autant plus, que cette norme de 35 % ne reposait sur aucune obligation légale ou règle contractuelle.

En analysant le portrait des 100 offices actuels, avec 33 OH de moins de 100 logements avec du personnel à temps partiel, 31 OH de moins de 300 logements et 36 OH de plus de 300 logements, nous arrivions à la conclusion que le ratio de 35 % pour autoriser une absorption ne poserait aucun problème dans le cas des 33 OH de moins de 100 logements mais risquerait d’être inapplicable dans un bon nombre des 31 OH de 100 à 299 logements. 

Nous donnions l’exemple de l’OH du secteur Sud Lac-Saint-Jean Est qui avec ses 138 logements ne pourrait pas être intégré à l’OH Jeannois, avec 349 logements, même si celui-ci en assure déjà la gestion car le ratio serait de 39 %.  Nous avions identifié d’autres cas semblables où des offices qui ont déjà fusionné, dans les dernières années, devraient, encore une fois, revivre le processus de création d’un nouvel office pour inclure les retardataires. C’est pourtant précisément ce que le projet de loi dit vouloir éviter.

Lors des travaux en commission parlementaire sur le PL ° 7, la ministre Duranceau a reconnu le bien fondé de notre critique et elle a haussé à 45% le ratio autorisant les regroupements d’offices par absorption.  Il est donc maintenant possible pour un office ayant moins que 45% des logements administrés par un autre office de se joindre simplement à celui-ci. Ainsi, par exemple, l’OH de l’Outaouais avec ses 2 681 HLM pourrait intégrer l’OH de Montebello et ses 15 HLM sans avoir à se dissoudre pour créer un nouvel office. De même pour l’OH Jeannois qui pourrait intégrer l’OH du secteur Sud Lac-Saint-Jean Est.

La FLHLMQ travaille depuis 1998 pour que le Québec dispose d’un réseau d’offices à caractère régional avec suffisamment de ressources pour bien gérer, rénover et développer le parc HLM.   

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5. Départ à la retraite de Robert Pilon
Notre collègue prend officiellement sa retraite le 7 avril 2026.  Il était à la création de la FLHLMQ en 1993 et auparavant au FRAPRU depuis 1984.


Après 42 ans au service des locataires, Robert nous a livré le témoignage suivant :

« Quand je pense à mon implication des quarante-deux dernières années, je revois le visage de centaines de personnes qui m’ont inspiré et que j’ai eu la chance de côtoyer. Des gens qui se sont investis sans compter, modestement et simplement, pour rendre la vie des autres meilleure. C’est leur exemple que j’ai essayé de suivre. Je suis heureux d’avoir pu contribuer à de belles victoires. On a fait reculer le gouvernement Bouchard, en 1996, sur son projet d’augmenter de 25% à 30% le coût des loyers dans nos HLM et on a obtenu 2,4 milliards $, en 2020, pour la rénovation massive de nos HLM.  Je suis surtout très fier de voir combien de locataires ont su profiter de la reconnaissance de leur droit d’association, au début des années 2000, pour s’investir dans la vie de leur immeuble et dans la gestion de leur office. Mon seul regret demeurera de ne pas avoir assisté au retour de la construction des HLM. J’étais assis sur la glace de la rivière des Outaouais, à l’hiver 1993, dans un camp de fortune juste derrière le Parlement quand Brian Mulroney a annoncé l’abolition du programme. Je remercie ceux et celles qui poursuivent la lutte pour le droit au logement car c’est un combat essentiel pour le respect de la dignité humaine. Plusieurs personnes que j’estime beaucoup pour leur dévouement m’ont servi des leçons de vie que je n’oublierai jamais. »

Le conseil d’administration, ses collègues et l’ensemble des membres de la fédération lui souhaitent une bonne retraite. 
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