1. L'entraide fonctionne dans nos HLM Basée sur des entrevues réalisées avec une trentaine de locataires dans quatre immeubles HLM de Montréal, le professeur Paul Morin, de l’Université de Sherbrooke, vient de publier une étude sur l’entraide dans les HLM.
Son étude révèle que dans les quatre habitations observées, l’entraide quotidienne, la vigilance entre voisins et l’engagement des comités de locataires créent un filet social essentiel, souvent plus présent que l’aide institutionnelle ou familiale. Malgré l’isolement, la diversité culturelle, les pertes d’autonomie et les situations complexes, les résidents démontrent une capacité remarquable à bâtir des relations fondées sur la sécurité, l’égalité et la confiance.
Il jette un regard original sur l’action des comités de locataires, sur le rôle du commérage de voisinage, la salle communautaire comme lieu de socialisation, les motivations à s’entraider, le soutien dans les moments difficiles, le rôle pivot de certains leaders et les composantes du succès.
Dans sa conclusion, Paul Morin, souligne deux éléments importants :
« Modestement, l’étude illustre aussi que l’absence de mixité sociale au niveau socio-économique dans le milieu HLM ne signifie pas nécessairement une plongée vers l’abîme comme cela est propagée par certains acteurs du milieu de l’habitation. »
« Si besoin était, cette étude démontre qu’avancer en âge peut être synonyme d’épanouissement individuel et collectif dans le milieu HLM montréalais des personnes aînées. Il s’y exerce une forme d’intelligence pratique et émotionnelle qui ne demande qu’à être connue et reconnue à sa juste valeur. »
Pour lire l’étude de Paul Morin sur l’entraide de voisinage dans quatre HLM personnes aînées de l’OMHM : sécurité, égalité, confiance : CLIQUEZ ICI
D'ailleur, le Zoom du mercredi 29 avril qui a porté sur l'Entraide en HLM a recueilli plusieurs témoignages intéressants et démontré cette grande solidarité dans nos milieux de vie !
2. Les HLM au Nouveau-Brunswick Le Nouveau-Brunswick, province environ dix fois moins populeuse que le Québec, compte 3 837 logements publics répartis dans 812 immeubles. Ces logements, dont le loyer est fixé à 30 % du revenu des ménages, sont administrés par la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick (SHNB). En octobre 2024, la liste d’attente comptait 11 673 ménages, illustrant un grave déséquilibre entre l’offre et la demande en logement social.
Une gestion centralisée Contrairement au Québec, où la gestion des HLM est confiée à une centaine d’offices municipaux, le Nouveau-Brunswick a opté pour une gestion centralisée. La SHNB est directement responsable de l’ensemble des immeubles appartenant au gouvernement, avec des gestionnaires régionaux répartis dans huit régions administratives.
Dans le cadre d’une entente avec le gouvernement fédéral, 91,3 M $ doivent être investis entre 2019 et 2028 pour la rénovation du parc HLM.
Des lacunes majeures d’entretien Dans un rapport publié en juin 2025, le Vérificateur général (VG) du Nouveau-Brunswick fait état de graves manquements dans l’entretien des logements publics :
85 % des unités ne respectaient pas les exigences annuelles d’inspection.
71 % des réparations urgentes (à effectuer en moins de 24 h) n’ont pas été réalisées dans les délais.
Sur 17 877 travaux classés immédiats, urgents ou prioritaires, 1 285 ont pris plus de 30 jours, et seulement 29 % ont respecté les cibles fixées.
Quatre des huit régions n’effectuaient aucune inspection annuelle, et deux autres limitaient les inspections aux habitations pour personnes âgées, contrairement aux politiques officielles.
Problèmes récurrents de salubrité et de sécurité
Le rapport souligne des retards fréquents dans des situations critiques :
57 % des interventions liées à la moisissure étaient hors délais (jusqu’à un an pour les cas les moins prioritaires).
53 % des demandes pour infestations de parasites (punaises de lit, vermine, cafards) étaient en retard.
28 % des travaux touchant la sécurité incendie ou les ascenseurs ne respectaient pas les échéanciers.
Par ailleurs, une habitation laissée vacante prenait en moyenne 140 jours avant d’être remise en location, accentuant la pression sur la liste d’attente.
Absence de reconnaissance des locataires Enfin, la Loi sur l’habitation du Nouveau-Brunswick ne reconnaît aucun droit d’association des locataires dans les HLM. Bien que des initiatives ponctuelles aient existé, il n’existe ni associations reconnues, ni comités consultatifs de résidents (CCR), ni fédération provinciale des locataires dans le parc public. Les résidents n’ont donc aucun rôle formel dans la gestion de leur milieu de vie.
Il existe donc des ressemblances mais aussi des différences importantes entre les HLM du Nouveau-Brunswick et ceux du Québec. D’ailleurs, le Québec est la seule province au Canada à avoir une fédération des locataires dans le logement social. Ce qui explique nos difficultés à faire alliance avec d’autres locataires de HLM quand vient le temps de faire pression sur le gouvernement canadien.
"Plusieurs habitations à loyer modique (HLM) chapeautées par l’Office d’habitation de Saguenay (OHM) ont énormément de difficultés à se débarrasser de cas infectieux de punaises de lit. Certains résidents, depuis déjà plusieurs mois, espèrent en vain voir la problématique se régler."
C'est vrai que l'extermination des punaises de lits peut devenir une véritable casse-tête, surtout si l'OH tarde trop pour intervenir ou si les locataires ne collaborent pas toutes et tous. Venir à bout de la vermine peut être long et fastidieux mais l’engagement de toutes les parties concernées est un des gage de réussite. Dans notre brochure, l'ABC des droits des locataires, vous retrouverez des informations utiles sur vos droits et responsabilités en cas de punaises de lit. Tout d'abord, il est important de se rappeler que tout logement ou maison peut avoir des punaises. Vous n'avez pas à avoir honte si ces insectes se retrouvent chez vous. L'important, dès que vous apercevez ces insectes, c'est d'en avertir aussitôt votre office, qui entrera en contact avec un exterminateur qualifié. Celui-ci vous donnera des consignes qu'il faudra suivre attentivement.
Intervention urgente et bien planifiée En cas d'infestation de punaises, les offices ont l'obligation d'agir et de régler le problème. C'est l'office qui doit payer pour l'extermination (https://flhlmq.com/fr/article/les-offices-peuvent-ils-facturer-les-locataires-concernant-la-vermine). Le code civil du Québec prévoit même que si un locataire perd la jouissance de son logement, il pourrait obtenir une réduction de loyer.
Finalement, pour une extermination réussie, il faut absolument faire une bonne préparation des logements. C’est souvent la partie la plus difficile. Nous republions sur cette page un INFO LOGEMENT SOCIAL produit en 2021 par la SHQ, à la demande de la FLHLMQ, du ROHQ et de l’ADOHQ réunis autour de la Table sur les HLM publics. La SHQ rappelle ici l’importance de bien planifier les exterminations, d’impliquer les locataires dans le processus en facilitant le dialogue. Surtout la SHQ s’engage à couvrir les frais liés à l’accompagnement des plus vulnérables dans la préparation de son logement.
4. 53e Congrès du ROHQ L’équipe de la FLHLMQ et plusieurs membres du CA de la fédération, dont le président et la vice-présidente, étaient au congrès des offices à Québec.
L’équipe de la FLHLMQ, plusieurs membres du CA de la fédération, dont le président et la vice-présidente, étaient au congrès des offices à Québec. C’est un évènement incontournable pour notre fédération puisque c’est l’occasion de rencontrer beaucoup de directions générales d’offices et des intervenant.e.s sociocommunautaires.
Cette année, le thème du Congrès était « Mobiliser pour une habitat social qui fait la différence ». Fait intéressant, on a beaucoup parlé d’itinérance. Le premier jour, l’OMHM a même ouvert le congrès en posant clairement la question : que peuvent faire les OH pour loger et garder en logement même les plus vulnérables ? En effet, alors que selon un porte à porte, les personnes totalement désaffiliées au point d’avoir de la difficulté à renouveler leur bail, suivre les règlements et payer leur loyer sont passées de 10% avant 2020 à 15% après la pandémie. Pour une gros office comme Montréal, cela représente environ 3000 personnes très isolées socialement et à risque d’éviction. Ainsi, si on ne veut pas créer plus d’itinérance et voir les personnes ainsi revenir plus poquées et par la porte d’en arrière, les OH ont tout intérêt à trouver des solutions pour prévenir cet itinérance et accompagner ces personnes avec leurs partenaires.
La 2ème journée à l’intention des intervenant.e.s sociocommunautaires a aussi commencé par le sujet de l’itinérance. Des discussions et des échanges riches ont porté sur un sujet aussi important que soutenir à la fois les personnes en situation de grande vulnérabilité et l’équilibre du milieu de vie.
En conclusion, alors que la crise du logement prend maintenant la forme de la crise de l’itinérance dans toutes les régions du Québec, c’est tout le réseau des OH qui doit et veut se mobiliser pour gérer et rénover les logements publics existants mais aussi en construire. La nouvelle ministre de l’Habitation, Karine Boivin Roy, a conclu d’ailleurs conclu l’évènement. Elle a elle-même parlé de « la crise de l’abordabilité » et rappelé que les OH sont des « maillons essentiels du filet social québécois ». Elle a aussi rencontré rapidement les regroupements présents. Le CA de la FLHLMQ souhaite aussi la rencontrer pour préciser les attentes des locataires et l’inviter au 25e Congrès.
Sur la photo : Yves Dubé, président de la FLHLMQ et Amina Chaffai présidente du ROHQ
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L’entretien de nos habitations
La qualité du service à la clientèle et le suivi des plaintes
La gestion des matières résiduelles
Le bon voisinage et les difficultés de cohabitation
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