La voix des locataires de HLM (19 mars)

 

L'Infolettre de la Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) : La voix des locataires de HLM
Infolettre 354 - 19 mars 2026
  1. Congrès virtuel de la FLHLMQ le 12 juin 2026 sous le thème: L'avenir des HLM, c'est l'heure des choix
  2. Assemblées publiques en faveur des HLM
  3. Laisser la maison en ordre avant de partir
  4. La relâche en folie
  5. Des thermopompes dans 3 100 logements HLM
  6. La vie en HLM

1. Congrès virtuel de la FLHLMQ le 12 juin 2026 sous le thème: L'avenir des HLM, c'est l'heure des choix
Réservez la date à votre agenda afin de participer à notre congrès virtuel le 12 juin prochain de 9h30 à 15h30.


Détails à venir...


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2. Assemblées publiques en faveur des HLM
La Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) sera sur la route pour promouvoir les HLM, un modèle de logement social qui a plus que démontré son efficacité.

  • le 7 mai à Montréal
  • le 14 mai à Québec et
  • le 21 mai à Gatineau,
des assemblées publiques auront lieu pour promouvoir le modèle des HLM comme solution économique et sociale et pour revendiquer de nouveaux budgets pour de vrais logements sociaux.

Ces assemblées se tiennent à la veille des élections provinciales, à l’automne 2026. Or, la crise du logement bat son plein et il n’y a jamais eu autant de personnes en situation d’itinérance ou à risque de se retrouver à la rue. Les gens doivent choisir entre manger ou payer leur loyer. Pourquoi réinventer la roue alors que nous savons que des logements sociaux dont le loyer est à 25 % du revenu répondent aux besoins des plus pauvres? Nous sommes à l’heure des choix. 

Les assemblées se dérouleront en mode panel suivi d’une discussion. Des invité.e.s, dont plusieurs locataires, viendront partager leurs expertises dans chaque région. 

Nous vous invitons à participer en grand nombre aux assemblées. 

  • 7 mai, à 13h30, au Centre Saint-Pierre, 1212, rue Panet à Montréal
  • 12 mai, à 13h30, au Centre Durocher, 680, rue Raoul-Jobin à Québec
  • 21 mai, à 13h30, au 10, rue Curé-André-Préseault à Gatineau



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3. Laisser la maison en ordre avant de partir
Si vous êtes un des 30 000 ménages en attente d’un HLM à travers le Québec, sachez que le ministre des Finances, Éric Girard, ne compte financer que 1 000 unités de logements durant la prochaine année...

Si vous êtes un des 580 000 ménages admissibles à un HLM parce que vous  êtes sous le plafond de revenu, sachez que le ministre Girard ne financera que 1 000 suppléments au loyer (PSL) supplémentaires pour « sécuriser l’accès à un toit pour les ménages les plus vulnérables ». C'est bien peu de logements à 25% des revenus.

Vous aurez compris le ridicule de l’aide ainsi annoncée par un gouvernement qui a vu trois ministres se succéder à l’habitation au cours des douze derniers mois et qui a pris des années à reconnaître l’existence d’une crise du logement avant de s’empresser de dire qu’elle est maintenant terminée.

Par contre, si vous êtes un ménage habitant dans un des 74 000 logements à prix modique, la situation est plus reluisante. En raison de l’Entente Canada-Québec sur le logement, signée en 2020, le gouvernement a annoncé qu’il investirait 236,5 M $ dans la rénovation du parc HLM dans le but d’obtenir une somme équivalente en provenance d’Ottawa. C’est donc un montant record de 473 M $ qui sera injecté dans le Programme de rénovation des HLM (PRHLM) en 2026-2027. Cette entente à frais partagés se terminera cependant à la fin de 2027-2028.

Autre bonne nouvelle dans les circonstances, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il assumerait une somme supplémentaire de 52,7 M $ pour financer le déficit d’exploitation des HLM en raison du retrait graduel du fédéral à ce niveau.

Si le slogan du premier ministre Legault de vouloir "laisser la maison en ordre avant de partir" s’applique heureusement à nos HLM, c’est, il faut en être bien conscient, en raison de l’entente Canada-Québec sur le logement. Ottawa s’est engagé à verser 236,5 M $ en 2026 et 272,5 M $ en 2027 à la condition que Québec en fasse autant.

Profitons de notre chance en gardant bien en tête que cette entente se termine au 31 mars 2028 et que, par la suite, notre destin sera entièrement déterminé par le prochain gouvernement à Québec. 



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4. La relâche en folie
Pour une première année, l’Office d’habitation des Maskoutains et d’Acton, en Montérégie, a organisé une grande fête dans le cadre de la relâche scolaire.

La belle température était au rendez-vous, contribuant à créer une ambiance chaleureuse et festive.

Tout au long de l’événement, plusieurs activités étaient offertes aux familles : jeux gonflables, musique, feu extérieur et même la présence des pompiers, pour le plus grand bonheur des enfants. La journée du 4 mars a débuté en douceur avec un magnifique conte raconté par l’auteure jeunesse à succès Julie Boyer, auquel près de 29 enfants ont participé avec enthousiasme. À partir de 13 h, la fête battait son plein. Plus de 100 personnes se sont rassemblées au Patro pour profiter des activités et des animations. Les participants ont pu se réchauffer avec du chocolat chaud, déguster du popcorn et savourer de petites douceurs. Une artiste maquilleuse était également sur place, ajoutant une touche de magie à la journée et illuminant les visages des enfants.

Sans hésitation, l’Office souligne que cette première édition de « La Relâche en folie » a été un franc succès et souhaite renouveler l’expérience l’an prochain. Cette année, les fonds venaient de dons. 

Dans cet esprit, il est important de rappeler l’importance d’impliquer les associations de locataires ainsi que le Comité consultatif de résidents (CCR) dans la préparation et la mise en œuvre des activités. Pourquoi ne pas instaurer dès maintenant un comité « Relâche en folie 2 », composé de locataires des milieux familles, afin d’instaurer une belle et dynamique collaboration ?


crédit-photo: Benoit Graveline

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5. Des thermopompes dans 3 100 logements HLM
D’ici 2029, quelques 3 100 thermopompes seront installées dans des HLM dans le cadre d’un projet pilote financé par le Fonds d’électrification et de changements climatiques généré par les revenus du marché du carbone au Québec. Il s’agit d’un projet de 17,2 millions $.

Selon la ministre responsable de l’habitation, Caroline Proulx, cette initiative permettra de diminuer la facture énergétique des HLM et d’améliorer grandement le confort et la qualité de vie de milliers de ménages face aux épisodes de chaleur qui sont de plus en plus nombreux.

Le gouvernement analysera les économies d’énergie réalisées et les coûts associés au projet pilote afin de déterminer s’il pourrait ensuite être déployé à plus grande échelle dans l’ensemble du parc HLM. 

Rappelons qu'en décembre 2024, un rapport de chercheurs de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) attirait l'attention sur le fait que les efforts pour optimiser l'étanchéité des HLM afin d'en diminuer la consommation d'énergie en hiver pouvait contribuer à leur surchauffe en été et que des mesures devraient être prises pour voir au refroidissement des aires habitées, particulièrement dans le cas des populations vulnérables.

Dans le cadre du projet pilote, les 3100 logements admissibles ne doivent plus être sous entente avec le fédéral, ils doivent être dotés de plinthes électriques et de compteurs individuels. La SHQ a aussi prévu d'en installer dans différentes régions et selon différents critères pour s'assurer d'évaluer toutes les situations : des logements dans des îlots de chaleur ou problématiques sur le plan du confort; de différentes tailles, de différentes typologies, dans immeubles pour les famille et des immeubles pour personnes âgées, des logements récemment rénovés ou pas. Le montant maximal par thermopompes est de 5000$.

Finalement, 3100 logements équipés, c'est un bon début mais seulement 4% des HLM. Comme depuis quelques années déjà, la FLHLMQ réclamait des aménagements afin de contrer le réchauffement climatique dans les HLM, nous applaudissons cette annonce et nous souhaitons être associés à sa mise en place pour en assurer le succès auprès des locataires. 

Projet pilote Thermopompes SHQ
 


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6. La vie en HLM
Le journal Le Devoir a publié, le 28 février, un excellent dossier de trois articles sur la vie dans les HLM de Montréal. Nous reproduisons ici le troisième de ces articles. 

Par Jessica Nadeau - Le Devoir

«Ma recette, c’est la positivité»
« Être une mère célibataire, sans amis, sans famille, c’est sûr que ce n’est pas ce que j’avais envisagé. C’est dur par moments, mais bon, on fait avec, hein ? On finit par s’habituer… » 

Pour Véridienne Ngilimo Zeze, mère de cinq filles, dont des jumelles de 6 mois, la vie n’a jamais été facile. Entre les biberons, le souper, les courses, les devoirs et le ménage, le quotidien est une course contre la montre. Sans compter les efforts colossaux pour boucler son budget chaque mois.

Pourtant, elle rit tout le temps. Un rire franc, en cascade, qui témoigne d’une résilience à toute épreuve. Un rire qui laisse filtrer aussi, à l’occasion, les déceptions des espoirs brisés. Mais Véridienne n’est pas du genre à s’apitoyer sur elle-même. « Ma recette, c’est vraiment la positivité, confie-t-elle. Même quand ça ne va pas, j’essaie toujours de me dire : “Ça va aller mieux demain.” » 

Originaire du Congo, Véridienne est arrivée au Canada comme demandeuse d’asile en 2008. Après son mariage, elle s’est retrouvée, avec son bébé, dans une maison pour victimes de violence conjugale. Elle a eu deux autres filles d’une autre relation, qui n’a pas fonctionné. Puis, il y a quelques mois, elle a donné naissance à des jumelles, dont le père vit en Afrique.

Depuis huit ans, elle vit dans un HLM du quartier Rosemont, à Montréal. L’immeuble ne paie pas de mine, avec ses murs de briques brunes et ses balcons métalliques. Dans la rue, la neige s’est accumulée sur de vieux meubles abandonnés. Un couloir terne mène à l’appartement, un cinq et demie devenu trop petit depuis que la famille s’est agrandie. Les jumelles ont leur coin jeu dans le salon et elles dorment dans la chambre de leur mère. À travers les rideaux de perles qui séparent le salon de la cuisine, on entrevoit des boîtes sous une table surchargée. Le plombier envoyé par le bureau du HLM répare un dégât d’eau dans la salle de bain.

« Il y a toujours des petits pépins ici et là, on ne peut pas avoir la perfection, mais la base est là. On est quand même bien. » Les filles fréquentent le service d’aide aux devoirs directement dans l’immeuble. Véridienne, elle, s’implique dans le comité des locataires.

Un budget très serré 
Véridienne est reconnaissante de pouvoir se loger à si bon prix. À l’époque où elle travaillait, elle payait plus cher, mais ça restait encore largement en dessous des prix du marché. « Il faudrait être ingrate pour ne pas se trouver chanceuse ! » dit-elle tout en faisant chauffer le lait des petites qui s’apprêtent à aller faire la sieste. Sa plus vieille, âgée de 16 ans et demi, la seule qui comprenne le contexte particulier d’un HLM, n’est pas du même avis. « Elle n’aime pas ça, se désole Véridienne. Elle se sent un peu discriminée, c’est un peu une étiquette. Elle demande tout le temps quand on va partir. » Mais Véridienne sait très bien qu’elle n’a pas d’autres options.

Elle a beau couper dans tout ce qui n’est pas absolument essentiel, le budget reste extrêmement serré, surtout avec le coût des aliments qui a explosé ces dernières années. « Je priorise la base : la viande, les accompagnements, les fruits, les légumes. Et les collations [pour les filles à l’école], qui prennent carrément tout mon budget ! Et là, il y a les couches et le lait qui viennent de s’ajouter. » 

À défaut de faire des sorties coûteuses, elles ont trouvé une activité qui leur permet de s’éclater sans dépenser un sou. « On danse tellement ! lance Véridienne, les yeux pétillants. On se fait des compétitions pour savoir qui se déhanche le mieux, on fait des danses africaines, des danses de partout. C’est notre activité préférée ! »

Elle rêve de reprendre ses études en psychologie, elle qui était infirmière dans son pays d’origine. Mais pour l’instant, seules ses filles lui importent. « Je veux vraiment être là pour mes enfants, les encadrer, les éduquer, les guider, les soutenir. Tout ce qu’une mère peut faire pour ses enfants. Je veux qu’ils soient heureux, qu’ils s’épanouissent dans la vie. C’est comme ça que je vois ma vie. »


Photo: Adil Boukind Le Devoir

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