La voix des locataires de HLM

 

L'Infolettre de la Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) : La voix des locataires de HLM
Infolettre 341 - 11 décembre 2025
  1. Lettre au PDG de la SHQ
  2. Ce que le gouvernement de la CAQ devrait faire !
  3. La contribution de Maison Canada
  4. La crise du logement coûte 2 milliards $ en soin de santé
  5. Relocations difficiles à la Pépinière de Montréal
  6. Vacances festivales

1. Lettre au PDG de la SHQ
Les membres du conseil d'administration de la FLHLMQ ont demandé à leur coordonnatrice d'écrire au PDG de la SHQ, M. Jean Martel, afin de corriger une injustice qui est faite présentement aux locataires dans le cas d'un transfert obligatoire puisqu'il en a financièrement les moyens.  Voici le contenu de la lettre adressée à celui-ci.



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2. Ce que le gouvernement de la CAQ devrait faire !
En mai 2025, le Vérificateur général du Québec critiquait sévèrement la SHQ en constatant que seulement 26 % des nouveaux logements subventionnés en cours de réalisation étaient attribués à des ménages à faible revenu.

Malgré ce triste constat, la FLHLMQ n’a pas d’autres choix que d’espérer un sursaut de conscience de ceux et celles qui ont le pouvoir de changer les choses à Québec. Notre fédération doit continuer de faire entendre la voix des 30 000 ménages qui se désespèrent sur les listes d’attente des offices d’habitation et des 65 000 ménages qui souhaitent une amélioration de leurs conditions de vie dans les HLM existants.

C’est pourquoi le conseil d’administration de la FLHLMQ a travaillé à la préparation d’un mémoire à l’intention du ministre des Finances afin de lui indiquer comment il pourrait donner suite au rapport du vérificateur général du Québec sur le logement public et redresser la situation en faveur des ménages à faible revenu.

Ce mémoire servira également à informer les différents partis politiques des mesures concrètes qu’ils devraient inclure dans leurs programmes électoraux en prévision des élections du 5 octobre prochain.

Il contient différentes demandes chiffrées et expliquées sur les principaux enjeux touchant la vie en HLM en abordant les sujets suivants :

  1. La crise du logement existe peu importe les taux de vacance. 
  2. Comment corriger les constats du Vérificateur général du Québec ?
  3. Poursuivre la vaste opération de remise en état du parc actuel.
  4. Améliorer les services aux locataires.
    • Aménager des espaces de rangement pour les quadriporteurs ; 
    • Rendre accessible l’internet dans les salles communautaires ; 
    • Intégrer des mesures d’adaptation aux vagues de chaleur ; 
    • Indexer le budget d’opération des HLM;
  5. Soutenir l’entraide en finançant le soutien communautaire en logement social.
  6. Assumer le déficit d’exploitation qui se résorbe avec la fin des hypothèques.

 Pour lire le mémoire de la FLHLMQ déposé au ministère des Finances en préparation du budget du Québec pour 2026-2027 :

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3. La contribution de Maison Canada
Alors que le gouvernement de Mark Carney a promis des investissements générationnels de 13 milliards $, sur 10 ans, pour construire 690 000 logements à travers le Canada, un rapport du Directeur parlementaire du budget à Ottawa, Jason Jacques, vient remettre les pendules à l’heure.

Dans son analyse portant sur les dépenses fédérales en habitation et sur les actions de la nouvelle agence Maison Canada, en date du 2 décembre, il fait les constatations suivantes :

« Maisons Canada n’ajoutera qu’une contribution modeste à l’offre de logements. Nous estimons qu’environ 26 000 unités seront construites sur une période de cinq ans. »

« Cette nouvelle agence peut financer la construction d’environ 13 000 nouveaux logements pour les ménages à faible revenu. »

« Cela survient alors que les dépenses globales diminuent et que le soutien se détourne de programmes comme l’Allocation canadienne pour le logement et du financement des logements sociaux existants. »

 
Ainsi, selon le Directeur parlementaire du budget, les dépenses fédérales consacrées aux programmes de logements baisseront de 56 %, passant de 9,8 milliards de dollars en 2025-2026 à 4,3 milliards de dollars en 2028-2029, malgré le financement nouvellement accordé à Maisons Canada. Cette baisse est attribuable au fait que les investissements soi-disant historiques ne s’ajoutent pas à ceux de la Stratégie nationale mais viennent plutôt remplacer certains programmes qui viendront à échéance. Les sommes annoncées ne suffisent pas à limiter l’impact des compressions annoncées dans le budget de 2025.

Les dépenses prévues de Maisons Canada comprennent :

  • 625 millions de dollars pour aider les fournisseurs de logements communautaires à acquérir des appartements locatifs ;
  • 1 milliard de dollars en contributions pour des logements de transition et des logements avec services de soutien ;
  • 5,4 milliards de dollars en subventions, contributions et concessions de prêts pour l’offre de logements abordables.

Sur 5 ans, ces investissements permettront de réaliser 26 000 des 690 000 logements annoncés par le gouvernement libéral, soit 3,7 % des objectifs à atteindre. Une « contribution modeste », c’est le moins qu’on puisse dire !

Pour lire le rapport dans son ensemble


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4. La crise du logement coûte 2 milliards $ en soin de santé
En septembre dernier, une première étude de l'Observatoire québécois des inégalités est venue démontrer que la hausse excessive du coût des loyers avait appauvri de 4,2 milliards $, par année, le revenu disponible des ménages locataires. Ces milliards $ auraient pu servir à faire rouler l'économie locale en permettant aux ménages de combler leurs besoins de base. 

Dans un deuxième volet rendu public en décembre, l'Observatoire vient quantifier les effets de la crise du logement sur la santé physique et mentale des ménages locataires au Québec. Ainsi, on apprend que:

  • Les personnes vivant dans un logement de mauvaise qualité ont deux fois plus de risques de se déclarer en mauvaise santé;
  • Elles ont un risque 64 % plus élevé de se déclarer en mauvaise santé mentale;
  • Un logement surpeuplé augmenterait de 12 % la probabilité de se déclarer en mauvaise santé générale.
  • Les ménages qui doivent consacrer plus de 30 % de leur revenu sont 52 % plus susceptibles de manquer de nourriture et l'inabordabilité explique 12,9 % de l'insécurité alimentaire observée au Québec.

L'étude de l'Observatoire calcule que ces conditions d'habitation - mauvais qualité, taille insuffisante, inabordabilité - représentent 27,4 millions $ en soin de première ligne, 10 millions $ en coût de consultation en santé mentale et 87,7 millions $ en insécurité alimentaire.

"On sait, d'après les données de l'Institut canadien d'information sur la santé, que les consultations ne représentent que 1,5 % des dépenses totales de santé et c’est à partir de ce 1,5 % qu’on a pu extrapoler à deux milliards $ l'ensemble de tous les coûts, d'expliquer Ferdaous Roussafi, économiste à l'Observatoire."

Pour lire le deuxième volet de l'étude:

https://observatoiredesinegalites.com/les-couts-en-sante-du-manque-de-logements-adequats/

Selon la FLHLMQ, cette étude a le grand mérite de démontrer que le gouvernement du Québec aurait tout intérêt à investir massivement dans la construction rapide de logements sociaux comme nous le demandons. Ce grand chantier se financerait en bonne partie de lui-même grâce aux économies réalisées dans les dépenses de santé et de services sociaux.


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5. Relocations difficiles à la Pépinière de Montréal
Lors des travaux majeurs dans les HLM, il est parfois nécessaire de relocaliser le locataire.

Dans ce cas de figure, la Loi et les directives de la SHQ sont très claires et c’est l’office qui est responsable du relogement. L’office doit prendre en charge le déménagement (boîtes, meubles, entreposage…) et en assumer les frais afférents. De son côté, le locataire reçoit une indemnité de 500$ payable à la date de l'évacuation. Un montant équivalent est également payable au locataire lorsqu'il réintègre son logement, après les travaux majeurs. Notez que la FLHLMQ fait en ce moment des représentations pour que ce montant soit augmenté à 675$.

Si les règles sont claires, le défi est de trouver le bon logement pour loger la bonne personne. Les locataires de La Pépinière à Montréal en savent quelque chose! Le 16 décembre, réunis lors d’une assemblée organisée par l’Association des locataires, plusieurs ont livré des témoignages bouleversants sur leur expérience de relocalisation : des locataires disent vivre de la pression pour accepter un relogement, le délai légal de 3 mois pour une évacuation de plus de 7 jours n’a pas toujours été respecté, le choix du secteur non plus. Plusieurs locataires ont aussi témoigné que les logements attribués pour la relocalisation étaient en mauvais état ou que le milieu de vie était dangereux.

On comprend que pour les prochaines phases de travaux sur le même ensemble immobilier, les locataires sont très inquiets de l’expérience qu’ils vont vivre. Au cœur de leur demande : le respect des délais légaux et le respect de leur appartenance à un milieu de vie où ils trouvent l’entraide et le filet social dont ils ont besoin.

L’Association des locataires a été très constructive et a déposé une lettre à l’office avec des propositions intéressantes : accepter que le locataire trouve le logement qui conviendrait pour son relogement et lui attribuer un PSL jusqu’à son retour dans son logement, prioriser les locataires du plan d’ensemble pour toute attribution dans les logements rénovés lors des phases précédentes, permettre le retour dans le plan d’ensemble après travaux, même si la taille du ménage a changé.

Espérons que l’OMHM écoutera et appliquera leurs recommandations pour permettre un relogement plus humain en cas de travaux majeurs. L’OMHM devrait aussi s’assoir avec le CCR de Montréal pour trouver les meilleures pratiques de relogement dans le cadre de travaux majeurs puisque des centaines de milliers de dollar seront investis dans le parc HLM.

Crédit photo : Radio-Canada / Karine Mateu

Annexe 9_relogement et coûts admissibles
 



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6. Vacances festivales
 

Notre équipe prendra une pause du 19 décembre au 2 janvier inclusivement. 

Nous serons de retour dès le 5 janvier!

à l'agenda: Le premier zoom de 2026 sera le 21 janvier 2026.

Passez de joyeuses fêtes et un bon passage vers 2026.

-l'équipe de la FLHLMQ

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